Vol. 1 No. 1 (2025): Du Master à la Publication – Regards Croisés sur l'Éducation Physique et Sportive
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Le paradoxe du mental : pourquoi cette dimension pourtant perçue comme prépondérante par les joueurs est négligée à l’entraînement ?

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Publié-e 2025-12-23

Comment citer

Lheureux, L. (2025). Le paradoxe du mental : pourquoi cette dimension pourtant perçue comme prépondérante par les joueurs est négligée à l’entraînement ?. Kinesis, 1(1). Consulté à l’adresse https://www.revue-kinesis.ch/article/view/8909

Résumé

L’article analyse le paradoxe entre l’importance élevée accordée par les joueurs de tennis à la dimension mentale de la performance et la faible place réellement donnée à la préparation mentale dans l’entraînement. Bien que les joueurs interrogés estiment en moyenne que le mental représente 34 % de la performance, celui-ci reste beaucoup moins travaillé que les aspects technique, tactique ou physique. Ce décalage confirme les constats de Martin (2018) et d’Escudé (2023), qui soulignent le retard français dans ce domaine.

L’étude repose sur 30 entretiens réalisés auprès de joueurs classés entre 15/3 et N35, répartis en trois groupes selon leur niveau. Deux types de données ont été recueillis : (1) des données quantitatives via le questionnaire TOPS (habiletés mentales), et (2) des données qualitatives sur les pratiques de préparation mentale.

Les résultats montrent que seulement un tiers des joueurs pratiquent réellement la préparation mentale, souvent pour optimiser la performance ou gérer leurs émotions. Les freins principaux identifiés sont le manque de temps, un intérêt limité et des représentations erronées de la discipline.

L’usage de la préparation mentale augmente toutefois de manière proportionnelle au niveau de jeu : 22 % des joueurs du groupe 1 y recourent, contre 63 % dans le groupe 3. Les scores TOPS révèlent également une amélioration linéaire des habiletés mentales à l’entraînement et en compétition, notamment pour la fixation de buts, l’imagerie mentale et le dialogue interne.

L’article propose enfin plusieurs pistes pour développer la préparation mentale en France : renforcer le rôle des entraîneurs, légitimer la préparation mentale comme pratique scientifique, l’introduire dès le plus jeune âge et la personnaliser en fonction des besoins individuels.